mercredi 4 novembre 2009

D'Ankara (19 octobre) à Latakia (3 novembre)

As-Salamu Alaykum !

Chers amis, me voici en Syrie depuis le 31 octobre et tout se passe pour le mieux. J'ai oublié de le mentionner dans mon précédent message mais quelques changements logistiques sont intervenus. En effet, mon périple autour du monde avec escales a bénéficié d'un ravitaillement par la route entre la Slovenie et Istanbul (merci Jah Rems). En effet, j'ai pu ajouter dans mon sac : un pantalon, 2 lonely planet (middle east et sud-est asiatique), 2 livres (La psychologie de l'inconscient de Carl Jung et Walden ou la vie dans les bois de Heny Thoreau) et un nouveau cahier pour conter mes journées. J'ai fait de la place en laissant à mes éphémères compagnons de voyage mes 2 précédentes lectures, mon réchaud à gaz qui ne sert plus à rien compte tenu de l'impossibilité de trouver des récharges et un carnet de route surchargé. J'ai également opté pour la solution extrême et barbare d'arracher les parties du lonely planet jugées inutiles (j'ai envisagé de me défaire de ces 2 ouvrages pour avoir un bagage plus léger puis me suis ravisé).

J'ai quitté la densité urbaine d'Ankara pour joindre la sublime région de Kapadokia, et plus précisement la ville de Gorëme. Cette partie de la Turquie est reputée pour ses maisons troglodytes. Il y a effectivement de très nombreuses cavernes creusées dans la roche (plus de 1000 ?). En outre, une des particularités de ce site réside dans le fait que cette région a été un des centres du christianisme entre le Xème et le XIIème siecle et que les "caves" étaient souvent des églises couvertes de peintures et de sculptures religieuses. J'ai passé quelques instants peu palpitants dans le musée à ciel ouvert surfréquenté de Gorëme avant d'aller explorer les vallées qui jouxtent la ville. Dans ces lieux, on trouve de nombreuses maisons accessibles, certaines avec des peintures murales plus ou moins bien conservées suivant le degré d'acharnement des personnes qui ont décidé de dégrader les images mysthiques. Je me suis alors pris pour Indiana Jones une journée durant à pénétrer dans toutes les maisons et à rechercher des salles "cachées" en escaladant des parois, en me faufilant dans des passages étroits...








Le soir, dans le petit dortoir de l'hôtel Flintstones, j'ai eu le plaisir de rencontrer mon désormais fidèle ami de voyage Phil, un anglais de 27 ans qui a vécu ces 3 dernières années à Paris où il a exercé la profession de web designer. Il parle donc un très bon francais (ce qui ne m'incite pas à faire des efforts en anglais...). Phil présente les atouts du parfait compagnon de voyage puisqu'il parvient à me supporter et est aussi allumé que moi, peut être même un peu plus d'ailleurs, et il est également très curieux des différents mets que propose les pays du Moyen Orient... Il a quitté l'Angleterre tout récemment par avion pour arriver en Turquie. Il doit se rendre au Kenya au mois de janvier pour un stage auprès de la fameuse B.B.C. Il a decidé d'aller dans ce pays en traversant en bus, bateau, train et désormais à pied également, la Turquie, la Syrie avec un crochet au Liban, la Jordanie, l'Egypte, le Soudan... Nous sommes partis pour environ un mois de "co-voyage".

Nous avons passé ensemble encore deux jours à Gorëme à nous balader dans les différentes vallées (nous avons tenté de louer deux vélos mais avons chacun percé nos 2 roues en nous aventurant en dehors des routes, nous avons donc ramené piteusement nos deux biclous après une heure de location pour préférer la marche...).





Ensuite, nous avons pris un bus pour Kayseri en vue de l'ascencion du Mont Ercyies (3917 mètres). Cette randonnée ne figure pas dans le lonely planet, c'est en consultant un site internet sur les montagnes turques que j'ai aperçu ce massif volcanique et me suis dit que ce serai sympa de le grimper. Ne disposant pas de renseignements précis (voire même, disposant d'informations erronées), nous avons d'abord attteri dans une ville située à 17 kilometres de la montagne mais celle-ci n'avait ni hôtel, ni accès commode (pas cher) au pied du Mont. Nous nous trouvions alors bien désemparés sur la place de la ville. Toutefois, les habitants, curieux et soucieux de nous aider, ont commencé à se réunir autour de nous. Nous nous sommes retrouvés ainsi entourés d'une vingtaine de personnes parlant uniquement turque pour la majorité et anglais voire allemand pour certaines. C'est finalement une française de Strasbourg qui vit ici et qui passait par hasard, qui a pu nous donner des renseignements utiles. Nous sommes alors retournés à Kayseri, avons dormi sur place avant de prendre le matin un bus pour la station de ski de Ercyies ! Là, nous avons occupé un hôtel également squatté par l'équipe nationale turque de cross. Le lendemain, après avoir enregistré nos passeports auprès des sympathiques militaires locaux (si, si, ils nous ont offert le thé et tout et tout), circonspects sur la possibilite de réaliser l'ascencion sur une journée, nous avons gravi ce magnifique Mont en 4 heures pour les quelques 1900 mètres de dénivelé.




Après, nous sommes allés au mythique Mont Nemrut afin d'admirer ses imposantes statues tout en essayant de déjouer les "pièges" des tours opérateurs. L'arrivée au Mont coïncide avec l'apparition de la pluie. Nous avons dormi dans un dortoir seulement occupé par les employés de la cafétaria du site dans l'espoir d'un rayon de soleil le lendemain. Le soir, nous avons donc mangé avec nos hôtes puis tenté de comprendre les règles de leur jeu favori, le "ok". Le matin, nous avons miraculeusement bénéficier d'une accalmie et le soleil a éclairé quelques minutes ce splendide lieu, à 6 heures tapantes...







Depuis, nous sommes suivis par les intempéries que nous avons tenté de fuire en allant à Urfa puis à Gaziantep (où nous avons été convaincu par le hamam traditionnel).



Comme les cieux ne se sont pas montrés plus cléments, nous avons pris la direction de la Syrie avec l'incertitude pour moi de passer la frontière puisque je ne disposais pas d'un visa et que selon les guides de voyage, seules les personnes munies au préalable d'un visa auprès de l'ambassade de Syrie dans leur pays d'origine peuvent pénétrer en territoire syrien. Toutefois, j'avais consulté le site internet "voyageforum.com" ou quelques personnes avaient fait part de la possibilité d'obtenir un visa à la frontière. Nous avons donc pris un premier bus pour Kilis puis un taxi pour Aleppo (Halep) en Syrie. Le passage à la frontière s'est en fait déroulé sans encombre puisqu'en une demi-heure j'avais le précieux laisser-passer, l'aide du chauffeur et d'un des turcs qui occupait le taxi n'ayant toutefois pas été négligeable.

Nous avons passé près de 3 jours dans la très charmante ville d'Aleppo qui malgré ses 4 millions d'habitants, présente d'anciens quartiers tout de pierres bâtis où il est agréable de se balader. Nous avons également visité l'impressionnante citadelle de la ville, sa grande mosquée, ses anciennes églises orthodoxes...




Hier, nous avons pris en fin d'après-midi, un train "lent" en seconde classe pour la ville animée de Latakia. L'ambiance y est tres différente d'Aleppo la conservatrice. Il s'agit d'une ville côtière occidentalisée avec ses cafés diffusant les matchs de la ligue des champions, ses fastfood... et ses femmes "dévoilées". Aujourd'hui, nous avons marché le long de la côte. Il était agréable de sortir de l'atmosphère citadine mais le lieu n'était pas pour autant extraordinaire en raison de l'occupation des lieux par les militaires, les hôtels... sans compter les détritus amenés par la mer.

La vie en Syrie est assez facile puisque nous pouvons nous loger pour 5 euros chacun, manger un falafel dans la rue pour 25 centimes et acheter un kilo de fruits (bananes, kakis, pommes) ou de dattes pour un ou deux euros. Toutefois, nous commençons à éprouver des envies de "sauvagerie" après avoir suivi les itinéraires balisés. Demain ou après-demain, nous allons joindre le nord-ouest de la Syrie pour tenter quelques randonnées libres de tout guide et de toute présence touristique avant sans doute de nous rendre en quelques hauts lieux du pays tels que Hama, le Crac des Chevaliers... et de retrouver mon ami David à Damas et/ou à Deir Ez Zur, dans le centre-est de la Syrie, près du desert, près de nouvelles aventures...


Je vous embrasse mes amis et vous dis à bientot !
Jah Rems, je te souhaite un joyeux et fabuleux anniversaire !
Un grand merci pour vos messages (en particulier à Nounours dont je viens de recevoir la missive).

Tony

5 commentaires:

  1. Salut; rien à voir mais si tu veux des nouvelles de la haute Savoie, saches qu'un opticien s'ouvre samedi 07/11
    benj

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  2. J'adore toujours autant te lire,
    tu me fais voyager un peu ça fait du bien,
    elle a l'air sympa ta bonne étoile!
    grosses bises
    estelle,

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  3. Salut Tony,
    Toujours très au fait des informations je viens d'apprendre que tu as un blog par José!!! Il n'est jamais trop tard.
    Je commence donc à suivre tes aventures et cela donne vraiment des envies de voyages!!
    J'espère que tu es en forme et j'ai hâte de connaître tes prochains récits.
    Bises
    Sophie BEYDON CRABETTE
    PS: ça change des marches durant les manifs!!!

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  4. jbdumont74@yahoo.fr
    hello bonhomme,
    La bonne étoile du voyageur est avec toi et elle sait être fidèle et se trouver aux bons endroits aux bons moments.
    Content de voir que tout va bien pour toi, on ressent ta joie et ta bonne humeur légendaire... un copain de trip, ça fais tjs du bien.
    Garde la forme, suit encore l'étoile du berger.
    grosse bise mec et au plaisirs de te lire à nouveau...
    tcho tcho et vive les diots (le beaujo est arrivé). De nombreux apéro sont trinqués à ta santé.Arvi Pâ

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  5. christiane fnath nancy
    salut le globe trotter et bravo
    je t'envie un peu et même beaucoup et surtout j'attend toujours avec impatience de lire les tribulations de ton périple et de belles photos

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